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Digitalisation des achats : effet de mode ou nouvelle donne ?

Tendances digitalisation des achats
28 juin 2018
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La transformation numérique dans l’industrie, en route vers l’« industrie 4.0 », impacte les achats avec une ampleur dont il est admis qu’elle va croissant. Les attentes sont élevées. Les promesses sont fortes. Mais les bénéfices seront-ils réellement au rendez-vous ? Ou plutôt, jusqu’à quel point les entreprises sont t-elles prêtes à se transformer pour profiter de cette dynamique globale ? Où en sont les Directions des Achats ? Les stratégies sont t-elles claires ? Les ressources suffisantes sont t-elles allouées ? Et au bon endroit ?

Autant de questions auxquelles l’étude commanditée par Jaggaer(1) apporte une série d’éclairages très documentés. La première partie de l’étude, centrée sur la sémantique et la portée des concepts, doit inciter les entreprises à prendre la mesure de ce qui se joue. Pas encore gagné ! En revanche, et c’est la partie la plus nourrie de l’étude, toutes les entreprises se retrouvent pour considérer la donnée et son exploitation comme cardinales pour la maîtrise de la digitalisation des achats. Quelques recommandations opérationnelles viennent conclure le rapport publié par Jaggaer. Une lecture qui peut vous transformer !

Digitalisation des achats : seule la transformation globale a un sens

Recoupant d’autres études, le rapport enseigne que seulement la moitié des répondants considèrent posséder la connaissance et la technologie requises pour conduire à son terme la digitalisation de leurs achats. Et la même proportion déclare avoir lancé les fondations de son mouvement vers le e-procurement. Avec l’aide d’experts et à la lumière des priorités et hiérarchies indiquées par les Directeurs des Achats, le rapport Jaggaer démontre une grande dispersion des orientations, et au fond bien peu de certitudes établies.

Digitalisation des achats : la donnée, la donnée, la donnée !

Aucune dispersion et une certitude affirmée : la maîtrise de la donnée est la clef de la transformation numérique des achats. Seule cette maîtrise permet d’imaginer et de faire fonctionner un process achat 100 % digital. Les algorithmes intelligents et le big bang du big data ne sont efficients que bien alimentés. La majorité des répondants à l’étude Jaggaer l’ont bien compris, qui déclarent privilégier les investissements dans les données pour aller vers une rupture véritable. Les entreprises les plus avancées envisagent sereinement de se doter d’assistants digitaux, y compris conversationnels (52 %), de process robotisés (48 %) et un tiers s’intéresse même à la technologie de la blockchain.

Le Cloud, l’interopérabilité des systèmes, les outils d’analyse, la diffusion de la culture digitale font que de plus en plus de données sont collectées par les entreprises en général et les Directions des Achats en particulier. Mais pour disposer d’un flux de données à valeur ajoutée de transformation, les entreprises ont encore à réussir leur intégration. Si elle progresse, l’intégration reste largement manuelle. Quand les ¾ des répondants déclarent intégrer leurs données et dépasser l’effet silo, ¾ des intégrateurs n’ont pas automatisé cette intégration. Et même là où l’intégration des données est la plus avancée, elle ne concerne souvent que les données internes. Les données financières externes, la cotation du risque logistique, les coûts liés aux achats non récurrents sont le plus souvent agrégés à la main quand elles le sont.

Cette discontinuité est un frein à l’agilité, à la prise de décisions rapides avec toutes les cartes en mains. Le rapport Jaggaer a le grand mérite d’inciter à « boucler la boucle ». De montrer en particulier combien la capacité à mettre en relation des indicateurs prévisionnels avec les indicateurs de mesure est la condition de l’agilité et de l’anticipation.

Digitalisation des achats : encore un effort

Seulement 2 % des entreprises utilisent réellement des technologies intelligentes, qui améliorent la prise de décision achats en l’éclairant des usages réels et de la prise en compte objectivée des risques et aléas. Seule la première étape, l’automatisation des tâches à faible valeur ajoutée, est réellement engagée, à la lumière des enseignements du rapport Jaggaer. Or, le e-procurement ne saurait se limiter à introduire de la technologie dans un process existant. Sous peine, pour répondre à la question initiale, de n’être qu’un effet de mode.

Pour constituer véritablement une nouvelle donne pour les entreprises industrielles, la digitalisation doit concerner 100 % de l’organisation achats : collaborateurs, process et technologies. Effacer les frontières entre le réel et le virtuel. Sachant qu’aucune technologie ne peut fonctionner sans données correctes et que l’importance de cette condition va croissant à mesure qu’on progresse en intelligence. Fluidifier la circulation et le partage de données à forte valeur ajoutée est le carburant d’une transformation digitale achats réussie !


(1)L’étude 2018 de Jaggaer a été menée auprès des responsables des achats BtoB du monde entier de août à octobre 2017. 168 d’entre eux ont répondu aux neuf questions posées en ligne, issus d’entreprises industrielles (73 %) au résultat supérieur à 50 millions d’euros (76 %). Un répondant sur deux est basé en Europe (47 %).  

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