Comment la SBTi (science based targets initiative) structure-t-elle vos achats pour réduire le scope 3 et tenir vos engagements climat ?

Deux professionnels en réunion analysent des rapports sur un presse-papiers et un ordinateur portable pour définir la stratégie sbti (science based targets initiative) de leur entreprise.
15 juin 2026

Résumé :

 

L’initiative Science Based Targets (SBTi) fournit un cadre scientifique pour transformer les engagements climatiques des entreprises en objectifs concrets et mesurables, alignés avec l’Accord de Paris. Les directions achats se trouvent au cœur de cette démarche pour piloter et réduire les émissions de scope 3, qui représentent souvent l’essentiel de l’empreinte carbone.

 

Sommaire :

 

Qu'est-ce que l'initiative Science Based Targets (SBTi) ?

La fonction achats, moteur de cette démarche ?

Scope 3 : comment construire sa démarche SBTi ?

SBTi : quels avantages pour les achats et l’entreprise ?

La SBTi valide la trajectoire climat de Manutan

 

Face à l’urgence climatique, les organisations du monde entier s’engagent dans la décarbonation. Pour accélérer et crédibiliser leur trajectoire, elles sont nombreuses à s’appuyer sur l’initiative Science Based Targets (SBTi). Ce cadre leur permet de définir des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui sont alignés sur les données scientifiques du climat. Dans cette dynamique, les directions achats sont en première ligne pour agir sur les émissions de scope 3, qui représentent souvent l’essentiel de l’empreinte carbone des entreprises.

Qu'est-ce que l'initiative Science Based Targets (SBTi) ?

Lancée en 2015, l’initiative Science Based Targets est le fruit d’un partenariat entre le World Resources Institute (WRI), le Carbon Disclosure Project (CDP), le World Wide Fund for Nature (WWF) et le Global Compact des Nations Unies (UNGC).

 

La SBTi a pour ambition d’accompagner les entreprises dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre afin de lutter contre le réchauffement climatique. Plus concrètement, elle les aide à définir des objectifs climatiques alignés avec les sciences du climat et l’Accord de Paris (COP 21). Pour rappel, il s’agit de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à 1,5°C d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels.

 

Aujourd’hui, plus de 10 000 entreprises se sont engagées dans la SBTi, avec des objectifs validés scientifiquement. Ensemble, elles représentent plus de 40 % de la capitalisation boursière mondiale et couvrent la quasi-totalité des secteurs d’activités, des régions et des tailles d’entreprises.

La fonction achats, moteur de cette démarche ?

Pour qu’une trajectoire climat soit validée par la SBTi, les entreprises doivent impérativement couvrir les scopes 1 et 2, ainsi que le scope 3 lorsque celui-ci représente plus de 40 % des émissions totales.

 

Or, c’est bien souvent le cas : d’après le Global Climate Initiatives, le scope 3 représente entre 50 à 90 % des émissions totales[1]. Cela regroupe l’ensemble des émissions de la chaîne de valeur, et en particulier celles générées par les fournisseurs en amont. C’est pourquoi les directions achats sont au cœur des stratégies de décarbonation de leur entreprise.

 

David Kennedy, PDG de la SBTi, souligne cet enjeu : « La véritable force du changement ne se mesure pas seulement au nombre d’engagements pris. Elle réside dans ce que l’on pourrait appeler “l’effet d’entraînement climatique” : lorsque les grandes entreprises se fixent un cap, elles ouvrent la voie à des milliers de fournisseurs qui s’engagent à leur tour dans la décarbonation. Or, alors que les émissions de Scope 3 sont, en moyenne, 21 fois plus élevées que les émissions directes, cet engagement collectif est essentiel. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : les entreprises qui collaborent activement avec leurs fournisseurs sont neuf fois plus susceptibles d’atteindre leurs objectifs climatiques. Chaque entreprise, quelle que soit sa taille, a le pouvoir d’initier un changement qui dépasse ses frontières : mobiliser ses fournisseurs, c’est transformer l’ambition climatique en impact collectif, en résilience durable et en avantage compétitif. »

 

Les trois scopes d’émissions

  • Scope 1 : les émissions directes qui proviennent de sources détenues ou contrôlées par l’entreprise.
  • Scope 2 : les émissions indirectes liées à la production d’électricité, chaleur, vapeur ou froid achetés.
  • Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes provenant de sources qui appartiennent ou sont sous le contrôle d’une autre entreprise.

Scope 3 : comment construire sa démarche SBTi ?

La réduction du scope 3 constitue l’un des principaux défis des entreprises engagées dans la SBTi. Cela nécessite une approche structurée, progressive et surtout collaborative avec ses fournisseurs et partenaires.

Établir un inventaire

La première étape consiste à réaliser un inventaire complet des émissions de scope 3, en s’appuyant sur la liste des catégories définies par le GHG Protocol. Cet exercice permet d’identifier les catégories les plus émissives, et ainsi de prioriser celles qui offrent un levier de réduction crédible, mesurable et lié à l’activité de son entreprise. Souvent, les achats de biens et services ainsi que l’utilisation des produits vendus concentrent l’essentiel des émissions de scope 3.

 

Les catégories du scope 3

Le GHG Protocol définit 15 catégories de sources d’émissions de scope 3 :

  • Achats de biens et services
  • Biens d’équipement
  • Activités liées aux combustibles et à l’énergie (hors scope 1 et 2)
  • Transport et distribution amont
  • Déchets produits dans les opérations
  • Voyages d’affaires
  • Trajets domicile-travail
  • Actifs loués en amont
  • Transport et distribution des produits vendus
  • Traitement des produits vendus
  • Utilisation des produits vendus
  • Traitement de fin de vie des produits vendus
  • Actifs loués en aval
  • Franchises
  • Investissements

Sélectionner les catégories prioritaires

Dans le cadre du SBTi, les entreprises doivent définir des objectifs qui couvrent au moins 67 % des émissions de scope 3 à court terme, et 90 % à long terme. Elles doivent donc choisir les catégories les plus représentatives pour se fixer leurs objectifs afin de respecter ces seuils et de garantir la crédibilité de leur trajectoire.

 

Des objectifs en cours de révision

La SBTi a publié une nouvelle version (2.0) de sa norme « Corporate Net-Zero Standard ». Les entreprises peuvent continuer à suivre la norme actuelle pour fixer leurs objectifs jusqu’au 31 décembre 2027. À compter du 1er janvier 2028, elles devront appliquer cette nouvelle version.

Définir les méthodes et cibles de réduction

Pour structurer leurs engagements sur le scope, les directions achats doivent définir des objectifs fondés sur une année de référence récente et fiable, ainsi qu’une année cible comprise entre 5 et 10 ans (court terme) ou alignée avec la neutralité carbone à horizon 2050 (long terme).

 

Elles disposent également de plusieurs types de cibles :

 

  • Les cibles de réduction absolue

Exemple : réduire de 40 % ses émissions absolues de scope 3 d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2025.

 

  • Les cibles de réduction en intensité

Exemple : réduire de 25 % les émissions liées à l’utilisation des produits vendus, ramenées à une unité fonctionnelle (chiffre d’affaires, volume…) d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2025.

 

  • Les cibles d’engagement fournisseurs/clients

Exemple : s’assurer que 65 % de ses fournisseurs, pondérés par les dépenses ou les émissions, disposent d’objectifs validés par la SBTI d’ici 2030.

SBTi : quels avantages pour les achats et l’entreprise ?

Une trajectoire de décarbonation à travers la SBTi ne relève pas uniquement d’une démarche climatique ou réglementaire. Pour les entreprises, et tout particulièrement pour les directions achats, c’est aussi un levier de performance, de résilience et de différenciation.

Mieux gérer les risques

Une chaîne de valeur fortement carbonée est, par nature, plus exposée aux risques. Ceux-ci sont à la fois réglementaires (évolution des exigences de reporting et de conformité, comme la CSRD), économiques (hausse et volatilité des prix de l’énergie et des matières premières) et opérationnels (dépendance à des fournisseurs vulnérables). Les entreprises qui pilotent et réduisent leurs émissions de scope 3 peuvent à la fois mieux anticiper ces risques et sécuriser leurs approvisionnements.

Stimuler l’innovation

La transition vers une économie bas carbone transforme en profondeur les marchés. L’éco-conception, l’économie circulaire, l’allongement de la durée de vie des produits ou encore la réduction des déchets deviennent des axes stratégiques. Dans ce contexte, les entreprises sont amenées à repenser leurs modèles et collaborer avec leurs fournisseurs. Cela favorise l’émergence de solutions innovantes, au bénéfice de l’ensemble de la chaîne de valeur.

Répondre aux attentes des parties prenantes

Les attentes des parties prenantes en matière d’engagement climatique sont croissantes. Clients, investisseurs, partenaires et fournisseurs exigent des engagements concrets, mesurables et vérifiables. S’appuyer sur des cadres de référence reconnus à l’échelle internationale, comme la SBTi ou le CDP, permet de crédibiliser les démarches et renforcer la confiance de l’écosystème.

La SBTi valide la trajectoire climat de Manutan

L’initiative Science Based Targets a validé la trajectoire climat à moyen terme de Manutan, confirmant ainsi notre volonté d’atteindre l’objectif de zéro émission nette à long terme, en phase avec les objectifs de l’Accord de Paris.

En prenant 2023 comme année de référence, nous nous engageons d’ici 2030 à :

  • Réduire de 60 % nos émissions absolues des scopes 1 et 2 ; 
  • Passer de 62 % à 100 % d’électricité renouvelable ; 
  • S’assurer que 70 % de nos fournisseurs (pondérés par leurs émissions) couvrant les achats de biens et services, ainsi que les transports amont / aval et distribution, disposent d’objectifs SBTi ;  
  • Diminuer de 42 % nos émissions de scope 3 sur les catégories usage et fin de vie des produits vendus. 

 

Notre offre de solutions circulaires

Chez Manutan, le scope 3 représente la grande majorité de notre empreinte carbone. Pour agir sur les catégories les plus émissives, nous misons sur l’économie circulaire. Nous avons développé toute une offre de solutions pour nos clients : produits de seconde main, services de collecte et revalorisation, reconditionnement as a service, location…

 

Chez Manutan, un produit éco-responsable est un produit qui : porte un label environnemental reconnu (par exemple, Ecolabel européen, Ecocert, PEFC, etc.) – découvrez tous nos labels, et/ou est fabriqué à partir d'au moins 25 % de matériaux recyclés, et/ou est d'occasion (usagé ou remis à neuf). (disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni, Portugal, à date de publication du contenu)

 

Nisrene Haddad, Directrice RSE du groupe Manutan, ajoute : « C’est à la fois un cap et un engagement, puisque nous passons du reporting à l’impact. Notre défi est collectif : embarquer nos clients et fournisseurs pour réduire leur empreinte, de la sélection des produits à la logistique, des produits éco-responsables au réemploi. Nous avançons ainsi avec détermination pour contribuer à l’objectif mondial de neutralité carbone d’ici 2050 ».

 

En somme, la SBTi impose un cadre exigeant qui structure la stratégie achats, oriente les décisions et redéfinit la relation fournisseurs autour de critères climatiques mesurables. C’est un formidable levier pour mobiliser sa chaîne de valeur vers le net zéro.

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