Comment protéger vos budgets achats de l’inflation par les coûts ?

Des collaborateurs analysent un rapport financier et des tableaux de bord pour mesurer l’impact de l’inflation par les coûts sur la rentabilité de l’entreprise.
8 octobre 2026

L'inflation par les coûts fragilise les budgets achats en comprimant les marges et en rendant les prévisions tarifaires fournisseurs quasi impossibles. Cet article aide les entreprises à comprendre ce mécanisme inflationniste, à repérer les signaux d'alerte avant qu'ils n'impactent les dépenses, puis à activer des leviers concrets : tableau de bord fournisseurs, diversification du panel, contractualisation sécurisée et scénarios budgétaires pour préserver la compétitivité.

Sommaire :

Depuis plusieurs années, les entreprises européennes subissent une pression tarifaire venue du côté de l'offre : hausse des matières premières, flambée de l'énergie, tensions logistiques mondiales. Ce phénomène, distinct de l'inflation classique par la demande, oblige les entreprises à repenser leurs stratégies budgétaires et contractuelles pour protéger durablement leurs marges.

Qu'est-ce que l'inflation par les coûts (cost-push inflation) ?

L'inflation par les coûts désigne une hausse du niveau général des prix provoquée par une augmentation des coûts de production ou par des contraintes du côté de l’offre. Elle se distingue de l’inflation par la demande : la première trouve son origine dans une hausse des coûts ou des contraintes d’offre, tandis que la seconde apparaît lorsque la demande progresse plus rapidement que les capacités d’offre.

Lorsque les entreprises font face à une hausse du prix des matières premières, de l’énergie, du transport ou encore des salaires, elles peuvent choisir d’en absorber une partie dans leurs marges ou de la répercuter, totalement ou partiellement, sur leurs prix de vente. Les banques centrales disposent par ailleurs de leviers plus indirects face à ce type d’inflation, puisqu’une hausse des taux d’intérêt n’agit pas directement sur le prix des matières premières ou sur les perturbations logistiques.

 

Hausse des matières premières, énergie, transport, salaires : les déclencheurs classiques

Les causes exogènes de l'inflation par les coûts sont multiples. Le prix du pétrole reste le déclencheur le plus médiatisé, mais l'augmentation des coûts touche aussi les prix des matières industrielles, les coûts de transport maritime ou aérien, et les pressions salariales liées aux tensions sur le marché du travail. En Europe, l'inflation importée a amplifié ces chocs : lorsque le taux de change se dégrade, le coût des produits importés augmente mécaniquement pour les acheteurs.

Inflation par les coûts vs inflation par la demande : quelle différence pour les acheteurs BtoB ?

Pour les directions achats, identifier l’origine de la hausse permet surtout d’adapter la réponse. Une augmentation justifiée par un coût d’intrant précis peut être confrontée à l’évolution d’un indice de référence et encadrée par une clause d’indexation. Une hausse liée à une tension sur une source d’approvisionnement peut, elle, conduire à rechercher des alternatives, à diversifier le panel fournisseurs ou à sécuriser les volumes.

L’enjeu n’est donc pas seulement de constater l’inflation, mais de comprendre ce qui explique réellement l’évolution du prix fournisseur afin d’ajuster la négociation, le sourcing et les modalités contractuelles.[NE1] 

Quels indicateurs surveiller pour anticiper les hausses de prix fournisseurs ?

Détecter l'inflation avant qu'elle ne se matérialise dans les tarifs fournisseurs est une posture d'acheteur aguerri. L'anticipation permet d'agir sur les contrats et le panel avant que la hausse des prix ne devienne inévitable.

Indices matières premières et énergie : les signaux à surveiller en priorité

Plusieurs indicateurs publics permettent de suivre en temps réel l'évolution des prix : l'indice PMI (Purchasing Managers' Index)[1] de la zone euro, publié mensuellement, constitue un signal avancé fiable de tensions sur les coûts de production. Le Baltic Dry Index renseigne sur les coûts de fret maritime. La Banque centrale européenne (BCE) publie régulièrement ses perspectives de politique monétaire, utiles pour anticiper si les conditions de crédit vont se restreindre et peser sur les capacités d'investissement des fournisseurs. Le suivi du taux d'inflation par famille d'achats et du taux de change sur le marché des changes complète ce dispositif. Ces signaux sont d'autant plus précieux que, comme le souligne Ludivine Martinet, ancienne Directrice Commerciale de Manutan : « 85 % des décideurs estiment que l'inflation, ainsi que les perturbations et les pénuries dans la chaîne d'approvisionnement, constituent des risques importants, voire graves, pour les achats. Les entreprises doivent faire face à de nombreux défis, notamment la guerre en Ukraine, qui contribue à une hausse spectaculaire des prix des matières premières. »[2]

Historique de variation fournisseur et indices sectoriels : construire son tableau de bord achats

Un tableau de bord interne croisant l'historique des variations tarifaires fournisseurs avec des indices sectoriels publics permet d'identifier les familles d'achats les plus exposées. Les statistiques d'Eurostat sur les prix à la production en zone euro offrent une base de référence solide. Catégoriser les achats selon leur niveau d'exposition à l'inflation modérée ou forte oriente les priorités de négociation. L'évolution des prix par famille devient ainsi un levier de pilotage, et non plus seulement un constat subi.

Comment adapter sa stratégie de sourcing et de contractualisation face à l'inflation des coûts ?

Identifier les risques ne suffit pas : il faut traduire cette connaissance en actions concrètes sur le panel fournisseurs et les engagements contractuels pour contenir l'inflation des coûts.

Élargir et sécuriser sa base fournisseurs pour réduire l'exposition au risque

La diversification du panel est le premier bouclier contre la concentration du risque inflationniste. Un sourcing[3] multi-régional, combinant sources locales, européennes et internationales, réduit la dépendance aux variations du marché des changes et aux perturbations géographiques. Qualifier des fournisseurs alternatifs en amont, avant toute crise, permet de maintenir un levier de négociation réel et de préserver le pouvoir d'achat de l'organisation face à une offre tendue.

Contrats-cadres, clauses d'indexation et revues tarifaires : les leviers contractuels essentiels

Les contrats-cadres pluriannuels sécurisent les volumes et encadrent l'augmentation des prix sur la durée. Les clauses d'indexation adossées à des indices publics reconnus, comme les indices BCE ou Eurostat, objectivent les révisions tarifaires et évitent les renégociations arbitraires. Les revues tarifaires périodiques avec plafonnement de hausse, ainsi que les clauses de transparence sur les coûts de production fournisseur, renforcent la confiance mutuelle. Ces pratiques contractuelles sont également répandues au Royaume-Uni, en Suisse et en Norvège, où les acheteurs professionnels les utilisent systématiquement pour gérer la volatilité des prix des matières.

Comment construire un budget achats résilient face à la volatilité des prix ?

La résilience budgétaire ne se construit pas dans l'urgence. Elle résulte d'une anticipation structurée, intégrant plusieurs horizons de prix et des dispositifs de substitution prêts à être activés.

Scénarios budgétaires et plans de substitution : anticiper les écarts

Construire un budget achats en trois scénarios (central, pessimiste, optimiste) par famille d'achats permet d'objectiver les risques économiques et de préparer des réponses graduées. Des plans de substitution produit, définis en amont, constituent un filet de sécurité opérationnel en cas de hausse des coûts non absorbable. Cette approche transforme l'inflation d'une contrainte subie en une variable gérée.

Absorber ou répercuter les hausses de coûts : l'arbitrage stratégique du Directeur Général

La décision d'absorber ou de répercuter l'inflation repose sur trois critères économiques : l'élasticité-prix du marché adressé, l'intensité concurrentielle du secteur et la capacité de gains de productivité internes. Une hausse des prix de vente peut préserver les marges à court terme, mais fragiliser la compétitivité si les concurrents absorbent davantage la hausse. À l’inverse, comprimer durablement les marges peut peser sur la rentabilité de l’entreprise.

Pour éclairer cet arbitrage, la Direction Achats doit être capable d’identifier la part de hausse réellement liée aux intrants, les économies compensatoires mobilisables et les possibilités de substitution. Elle apporte ainsi à la Direction Générale une vision objectivée de l’exposition aux coûts, utile pour ajuster les décisions lors des revues budgétaires.[NE2] 

Digitalisation des achats et visibilité sur les dépenses : piloter l'inflation en temps réel

Les outils d'e-procurement[4] et les intégrations ERP offrent une visibilité consolidée sur l'évolution des prix par fournisseur et par famille de produits. Ils permettent de détecter les dérives budgétaires avant qu'elles ne s'aggravent et d'ajuster les politiques d'achat en conséquence. Cette capacité de pilotage en temps réel est un avantage décisif face à l'inflation.

Intégration e-procurement et pilotage des dépenses

Manutan prend en charge les intégrations ERP et e-procurement (systèmes Savin'side ® inclus) pour offrir aux équipes achats une visibilité consolidée sur leurs dépenses par famille et par fournisseur. La connexion est rapide, accompagnée d'une formation dédiée et d'une assistance continue pour gagner en efficacité dès la mise en service. Disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni, Portugal, à date de publication du contenu.

L'approche Manutan : contrats-cadres européens et maîtrise des achats indirects

Les achats indirects, souvent peu contractualisés, sont paradoxalement parmi les plus exposés à l'inflation par les coûts. Leur dispersion entre de nombreux fournisseurs et la fréquence des achats sauvages en font une zone de vulnérabilité budgétaire sous-estimée.

Des prix stables grâce à des contrats-cadres négociés à l'échelle européenne

Manutan négocie des contrats-cadres sur l'ensemble de ses marchés européens, ce qui permet de proposer des prix des produits maîtrisés dans la durée aux acheteurs professionnels. Cette force de négociation paneuropéenne bénéficie aux organisations présentes dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, en Suisse et en Norvège. Face à l'inflation, disposer de prix engagés sur une offre large réduit les aléas tarifaires et facilite la construction de budgets fiables.

Visibilité tarifaire et pilotage des familles d'achats : reprendre le contrôle de ses dépenses

Manutan accompagne les directeurs des achats dans le pilotage de leurs familles d'achats indirects grâce à des reportings adaptés et une visibilité tarifaire structurée. Cette maîtrise des achats de classe C réduit les achats sauvages, qui amplifient l'exposition à l'inflation des coûts non pilotée. Des politiques d'achats claires, appuyées sur des données fiables, permettent de reprendre le contrôle des dépenses et de mieux appréhender les achats indirects pour les optimiser.

 

[1] Purchasing Managers' Index : indice des directeurs des achats ; indicateur synthétique mesurant l'activité économique dans les secteurs manufacturier et des services.

[2] Ludivine MARTINET (Directrice Commerciale 2021-2024, Manutan), 13 février 2022, Webinar : Quel sera l'avenir de la fonction achat, Manutan.

[3] Sourcing : approvisionnement stratégique ; processus de sélection et de qualification des fournisseurs en fonction des besoins de l'organisation.

[4] E-procurement : dématérialisation des achats ; processus d'achat professionnel géré via des plateformes numériques interconnectées avec les systèmes d'information de l'entreprise.

Livre blanc
Achats de classe C, achats indirects et achats sauvages : la nouvelle priorité
Je télécharge
Nos webinars en replay

Découvrez toutes nos vidéos en replay sur la stratégie, l'optimisation des Achats de classe C, les achats responsables ou encore l'économie circulaire.