Qu’est-ce que la matrice de Kraljic ?

matrice de Kraljic
7 novembre 2019
Partagez :
{{totalComments}} commentaires

La matrice de Kraljic est une méthode de classification et d’analyse du portefeuille achats qui vise à orienter la stratégie achats des entreprises.

Dans ce dossier, vous trouverez toutes les réponses à vos questions sur la matrice de Kraljic :

L’objectif de la matrice de Kraljic

Initialement théorisée par Peter Kraljic, dans un article de la Harvard Business Review en 1983, la matrice de segmentation des achats de Kraljic vise à accompagner les acheteurs dans un contexte de changements économiques, environnementaux et technologiques.

La matrice de Kraljic peut être définie comme une méthode de classification du portefeuille achats dont l’objectif principal est d’identifier le poids stratégique des différentes familles d’achats, à la fois sur le plan interne et externe, pour adapter ses stratégies achats.

Le point de départ de la matrice de Kraljic

Pour Peter Kraljic, la stratégie achats dépend de deux principaux facteurs :

  • L’importance stratégique des achats : volume de dépenses, coûts totaux d’acquisition (TCO), profitabilité, différenciation ainsi que la valeur ajoutée dans l’entreprise et le processus de vente
  • La complexité du marché fournisseurs : monopole ou oligopole, obstacles à l’entrée, évolution technologique, coûts et complexité de la logistique…

Ce principe donne naissance à une  première cartographie qui permet de hiérarchiser et classer les achats en quatre grandes catégories

Chaque catégorie achats est pourvue de caractéristiques et de stratégies qui lui sont propres :

  • Les achats simples

Ces achats ont peu d’impact sur l’activité de l’entreprise. Leur approvisionnement reste simple, comme par exemple les fournitures de bureau.

Les stratégies adéquates : rationaliser les produits, automatiser les processus et contrôler les volumes.

  • Les achats leviers

Ces achats ont un impact décisif sur le business de l’entreprise mais leur approvisionnement reste également simple. Avec les achats leviers, il y a une bonne marge de manœuvre et des opportunités de gain intéressantes.

Les stratégies adéquates : exploiter pleinement sa puissance achat en mettant par exemple en concurrence les fournisseurs, en négociant ou en trouvant des produits de substitution.

  • Les achats critiques

Ces achats ont un risque business faible mais souffrent d’un marché limité (faible nombre d’acteurs).

Les stratégies adéquates : garantir les volumes, piloter la relation fournisseurs, sécuriser les stocks et les approvisionnements, mettre en place des backup…

  • Les achats stratégiques

De ces achats dépend l’activité même de l’entreprise. Il s’agit souvent de ressources rares ou uniques, soit des achats à fort enjeu pour l’entreprise.
Les stratégies adéquates : développer les partenariats fournisseurs (notamment via un logiciel SRM [1]), analyser le marché, envisager l’intégration verticale…

Aller plus loin avec la matrice de Kraljic

Très souvent, l’approche de Peter Kraljic est résumée à cette première cartographie. Pourtant, en revenant sur le texte originel, ce n’est qu’un point de départ qui donne suite à une démarche analytique plus complexe, scindée en quatre étapes :

1. La classification du portefeuille achats

Ici, l’auteur suggère de réaliser une matrice selon deux nouveaux critères qui sont sensiblement similaires aux précédents :

  • Le « profit impact » c’est à dire le volume d’achat, le pourcentage du coût total d’achat ou encore l’impact sur la qualité du produit ou la croissance de l’entreprise.
  • Le « supply risk » c’est-à-dire la disponibilité des produits, le nombre de fournisseurs et la compétitivité de la demande.

À partir de cette analyse, il convient de classer ces achats dans l’une des quatre grandes catégories achats étudiées précédemment : les achats simples, critiques, leviers ou encore stratégiques.

2. L’analyse du marché

À la suite de cette classification, l’entreprise doit mettre ces éléments en perspective avec la situation actuelle du marché. Pour cela, elle va évaluer sa puissance d’achats, en d’autres termes le rapport de force qui existe entre son entreprise et le marché fournisseurs sur une vingtaine de critères. Ces critères sont par exemple la taille du marché par rapport à la capacité du fournisseur, les parts de marché détenues par l’entreprise par rapport aux compétiteurs…

3. Le positionnement des produits stratégiques

Il est alors temps de positionner les achats stratégiques (tels qu’identifiés dans la première étape) au sein de la matrice finale, selon l’analyse du marché qui a été faite au préalable.

4. Le plan d’actions

De cette matrice finale de Kraljic découle trois grands axes stratégiques (exploiter, équilibrer et diversifier) pour sécuriser les achats sur le long terme tout en profitant des opportunités sur le court terme.

En conclusion, la matrice de Kraljic est un outil analytique efficace qui permet d’identifier les axes d’amélioration de sa stratégie achats mais aussi et surtout de mieux gérer ses ressources selon les priorités.

Aussi, bien que l’auteur prenne le parti de limiter son analyse aux achats stratégiques, il reste pertinent de réaliser cet exercice sur l’ensemble des achats (leviers, critiques et simples compris) pour optimiser la gestion de l’ensemble du portefeuille.

 

[1] Supplier Relationship Management

Livre blanc
Livre blanc
Rationalisez votre portefeuille fournisseurs