Résumé :
La spend based method est une méthode de calcul carbone pour les achats de biens et services. Celle-ci offre une première cartographie rapide et exploitable de l’empreinte de ses achats, qui représente une majeure partie du scope 3. Malgré une précision limitée, elle permet de prioriser les catégories à fort impact et d’engager une trajectoire de réduction carbone. Celle-ci peut ensuite être consolidée par des méthodes plus fines, fondées sur les données fournisseurs.
Sommaire :
- Quel est l’enjeu du scope 3 ?
- Comment appliquer la spend based method ?
- Quelles sont les limites et les perspectives d'évolution ?
- Comment Manutan vous aide à calculer votre scope 3 ?
Aujourd'hui, nombreuses sont les entreprises qui s’attachent à mesurer et suivre leurs émissions de gaz à effet de serre. Qu’il s’agisse d’une obligation réglementaire ou d’un engagement volontaire, tout commence par le calcul des émissions carbone. Pour les achats de biens et services, plusieurs méthodes de calcul existent. La méthode basée sur les dépenses, ou spend-based method, est considérée comme la plus accessible.
Quel est l’enjeu du scope 3 ?
La plupart des entreprises engagées dans une stratégie de décarbonation ont commencé à évaluer et réduire leurs scopes 1 et 2, c’est-à-dire leurs émissions directes et indirectes relatives à l’énergie.
Toutefois, ce n’est pas toujours le cas du scope 3. Un périmètre très vaste et complexe qui correspond à toutes les autres émissions indirectes. D’après le Global Climate Initiatives, celui-ci représente d’ailleurs entre 50 à 90 % des émissions totales de gaz à effet des entreprises, soit la majeure partie de leur empreinte carbone. Et si l’on regarde de plus près, la part des achats couvre 60 à 90 % de ce fameux scope 3 ! Il apparaît donc essentiel de calculer et piloter les émissions associées aux achats de biens et services.
Toutefois, c’est un exercice délicat car il faut réussir à trouver un équilibre entre le niveau de précision du calcul et l’accessibilité des données. Il existe différentes méthodes de calcul carbone à adopter en fonction des catégories concernées ainsi que des données internes et externes disponibles. Parmi les approches phares se trouve la méthode basée sur les dépenses, considérée comme un bon point de départ pour initier sa comptabilité carbone.
C’est ce que souligne Misha Cajic, co-PDG d’Avarni : « Il est judicieux de commencer par la méthode basée sur les dépenses, car elle vous permettra d'obtenir une base de référence initiale pour l'ensemble de la catégorie, puis d'appliquer ultérieurement des calculs plus précis basés sur l'activité aux catégories les plus importantes. »
Comment appliquer la spend based method ?
La spend based method estime les émissions moyennes par euro dépensé pour un produit ou un service. Ce calcul part de la valeur financière des biens et services achetés, qui est ensuite traduite en émissions carbone.
Pour l’obtenir, il convient de multiplier la valeur monétaire du bien ou service acheté par le facteur d’émission associé[1]. C’est ainsi que l’on calcule la quantité d’émissions de gaz à effet de serre produites par ses achats.
(Encadré) Dépenses (€) X Facteurs d’émission moyen (kg CO2e/€) = Quantité d’émissions produites (kg CO2e)
Pour recenser les dépenses, les entreprises vont puiser dans leur système d’information (ERP) ou leurs registres d’achats. Elles vont collecter les montants dépensés pour chaque typologie de produits et services, en se basant sur la valeur marchande.
Pour trouver les facteurs d’émissions, les entreprises peuvent s’appuyer sur des bases de données.
On distingue :
- Les bases de données internationales de référence : ecoinvent, EXIOBASE, Climate Watch…
- Les bases de données nationales : DEFRA pour le Royaume-Uni, Base Empreinte® pour la France, UBA pour l’Allemagne…
- Les bases de données sectorielles et spécialisées : GLEC pour la logistique et le transport, négaoctet pour le numérique…
Quelles sont les limites et les perspectives d'évolution ?
Souvent, les entreprises commencent par utiliser la spend based method. Parce qu’elle s’appuie sur des données financières accessibles, cette approche est considérée comme relativement simple et rapide. Cependant, elle est également jugée moins précise.
En effet, il convient d’en souligner certaines limites :
- Les facteurs d’émissions moyens ne reflètent pas la réalité des fournisseurs, de leurs pratiques et leurs technologies. Il s’agit de généralisations, ce qui se traduit par des inexactitudes ;
- Les impacts environnementaux ne sont pas nuancés selon les décisions d’achats, c’est-à-dire que toutes les dépenses sont traitées de la même manière au sein d’une catégorie. Par exemple, il n’y a pas de différence entre l’achat d’un produit neuf ou de seconde main ;
- Les valeurs financières fluctuent en fonction de l’inflation, des remises ou même des taux de change. Cela peut compliquer le suivi des progrès réalisés dans la réduction de ses émissions.
Tout l’enjeu est d’adopter une approche pragmatique et réaliste pour obtenir une première cartographie. Bien sûr, l’idée est d’améliorer son estimation au fil du temps, dès lors que de nouvelles données sont collectées et que les outils de reporting évoluent. Cela ouvre alors la voie à d’autres approches, plus précises : la méthode des données moyennes, la méthode hybride, la méthode spécifique au fournisseur…
Alors, les entreprises peuvent affiner leurs calculs, notamment sur les catégories les plus émissives. C’est indispensable pour préciser l’estimation mais aussi pour comprendre les facteurs déclencheurs des émissions et ainsi identifier les clés de réduction. Rappelons d’ailleurs que toutes ces méthodes peuvent coexister, dès le départ, selon le niveau de maturité et les données disponibles pour chaque catégorie.
À date, la méthode considérée comme la plus pertinente reste la méthode spécifique au fournisseur. Celle-ci implique de recueillir les données d’émissions réelles déclarées par les fournisseurs pour chaque bien ou service. Grâce à ces données personnalisées, les entreprises peuvent élaborer des stratégies de réduction de CO2 ultra ciblées.
Comment Manutan vous aide à calculer votre scope 3 ?
Le groupe Manutan a développé le score d’impact environnemental produits . Cette approche permet de fournir pour chaque produit une information complète, basée sur des preuves vérifiées, autour de plusieurs impacts environnementaux, dont l’empreinte carbone. Pour réaliser nos mesures, nous utilisons la méthodologie Product Environmental Footprint (PEF) développée par la Commission Européenne, qui repose sur l’analyse du cycle de vie des produits, allant de l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie.
Au cœur de cette démarche se trouve la collecte des données. Nous recueillons les données primaires auprès de nos fournisseurs comme les matières premières et leurs poids associés, ainsi que l’origine de la fabrication. Nous complétons ces informations avec d’autres données par défaut définies dans les référentiels, que nos fournisseurs sont invités à actualiser.
Aujourd’hui, nous sommes en mesure de fournir l’empreinte carbone de plus de 30 000 produits, sur diverses catégories : bureau, chaises et sièges, armoires, vestiaires, tableaux et présentoirs, mobilier d'atelier, gestion des déchets, bacs de stockage, rayonnage de bureau et d’industrie… À terme, notre ambition est de couvrir l’intégralité de notre offre.
Notre offre éco-responsable
En plus de notre score d’impact environnemental produits, nous développons une offre de produits éco-responsable. Il s’agit de tout produit qui porte un label environnemental reconnu (par exemple, Ecolabel européen, Ecocert, PEFC, etc.) et/ou est fabriqué à partir d'au moins 25 % de matériaux recyclés, et/ou est d'occasion (usagé ou remis à neuf). Cette offre compte plus de 100 000 produits.
Vous l’avez compris, la spend based method constitue un solide point de départ pour estimer les émissions de ses achats. Pour renforcer leur démarche, les entreprises ont tout intérêt à collaborer avec des fournisseurs transparents et engagés dans une solide trajectoire de décarbonation. C’est le cas de Manutan qui s’est fixé pour ambition d’atteindre zéro émission nette d’ici 2050, et dont la trajectoire climat est validée par la SBTi.
[1] Un facteur d'émission est une valeur qui représente les émissions moyennes associées à une unité de dépense.

