Le digital, formidable levier pour l'économie circulaire

économie circulaire
8 novembre 2022
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Transformation digitale et transition écologique sont intimement liées. Les entreprises doivent répondre aux défis environnementaux, que ce soit pour plus de transparence, moins de gaspillage, une meilleure adéquation aux besoins et une vision plus éclairée des impacts dans leurs choix économiques.  Elles peuvent pour cela s’appuyer sur les données qui existent mais qu’il faut trouver, collecter et adresser au plus grand nombre.

Les données, précieuses sources d’information

Bien sûr, le digital a un impact sur l’environnement du fait de ses émissions carbone et de sa consommation en énergie (la totalité des activités Internet équivalent à 3 % des émissions de dioxyde de carbone). Pour autant, cela représente aussi une formidable opportunité de développement pour l’économie circulaire.

C’est tout particulièrement l’ouverture, l’accessibilité et la lisibilité des données qui élargit le champ des possibles. Dès lors, la donnée représente une précieuse source d’information pour trouver des solutions et faire face aux nombreux défis liés au changement climatique (mobilité verte, efficacité énergétique, transition agricole, etc.).

Comme le souligne Eddie Bonnal, Positive Impacts Digital-Data Director au sein du Groupe ADEO, plateforme d’entreprises au service de l’amélioration de l'habitat : « l’exploitation de la donnée permet de prendre des décisions et d’agir concrètement. Cela implique une gouvernance rigoureuse pour mobiliser toutes les équipes opérationnelles et définir ensemble un référentiel de processus à impacts au service de nos clients ».

L’importance de partager les données

Partager largement la donnée est un point essentiel. En revanche, un cadre de confiance doit être mis en place pour organiser ce partage au vu du nombre d’interlocuteurs.

Le digital doit être considéré comme un outil stratégique pour bien maîtriser sa donnée, la mettre en perspective et la sécuriser. Il existe des plateformes dans lesquelles chaque acteur est contributeur pour rendre la data accessible aux autres, d’autres incorporent directement la donnée externe, quand certaines fonctionnent sur un modèle hybride.

Il y a d’ailleurs un pays qui fait référence en la matière : l'Estonie. C’est devenu techniquement l’un des pays les plus avancés au monde. Grâce à un réseau d'échange de données, la plateforme connecte les systèmes informatiques des agences gouvernementales aux bases de données sécurisées d'autres organismes permettant aux utilisateurs d'accéder instantanément aux informations détenues par d'autres agences.

En plaçant la gouvernance des données comme pilier du modèle de développement pour le numérique, l’Estonie réalise des progrès extraordinaires. Une démarche à fort potentiel qui pourrait être appliquée à la transition environnementale.

Les données, comme point de départ pour agir

Avant de réduire son impact, il faut pouvoir le quantifier : quel est le gaspillage visible ou invisible qui existe dans mon entreprise ? Comment le réduire dans mon processus de production ? Qu’en est-il chez mes fournisseurs ? Que faire des invendus, des retours produits clients ?

Puis, la priorité est de structurer la donnée afin de la rendre compréhensible par tous les acteurs métiers entre eux et de manière transversale. Si on prend l’exemple du bilan carbone qui est un des premiers pas dans l’entreprise, il est indispensable de quantifier ses émissions de CO2, point de départ de la mise en œuvre d’actions impliquant les collaborateurs.

C’est également le cas pour l'économie circulaire. Parce qu’il s’agit d’un modèle assez complexe à déployer dans l’entreprise, la démarche doit être totalement transversale. Comme tout nouveau sujet, elle se conjugue avec des expertises variées. Il nous faut alors dépasser le stade de la sensibilisation et de la formation pour rentrer véritablement dans un mode projet, se comprendre et définir un objectif commun sur une période donnée.

Des données au service de tous

Une juste exploitation et un partage encadré des données viennent répondre aux besoins des différentes parties prenantes pour se mobiliser en faveur de l’économie circulaire.

La data pour répondre aux attentes clients

Les consommateurs peuvent influencer les marchés lorsqu’ils demandent des solutions durables et fiables. Une marque se doit désormais de porter une mission et ne peut plus ignorer l’empreinte laissée par son activité. 

En ce sens, on peut apprécier l’élévation des standards d’information sur l’impact des déchets produits ainsi que l’indice de réparabilité permettant d’évaluer la durée d’utilisation d’un produit, établie dans le dernier projet de loi anti-gaspillage français.

Dans ce domaine, Schneider Electric entend tirer le meilleur parti de ses ressources avec l’économie circulaire. L’entreprise a entièrement revisité la gestion du cycle de vie de ses produits pour réduire un maximum son empreinte carbone. Elle propose notamment des services de collecte de produits usagés ou encore d’échanges et de réparations de produits défectueux. Elle a même créé son propre label « Circular Certified » pour mettre en lumière ses produits issus de l’économie circulaire (invendus, retours commerciaux, reconditionnés…).

La data pour créer des opportunités

Il est également possible qu’à terme, une marque qui créé son système de référence avec l’adhésion des consommateurs, entraîne son marché à adopter la même démarche vertueuse.

C’est ce que nous enseigne l’entreprise néerlandaise SuperUse qui créé des bâtiments durables à partir de matériaux récupérés dans des décharges. Elle a construit son propre système pour savoir dans quelle décharge il y avait tel ou tel autre matériau qui l’intéressait en développant un outil à partir de Google Earth. C’est tellement efficace que même leurs concurrents ont demandé une licence payante pour y avoir accès.

La révolution numérique peut ainsi stimuler la transition vers l’économie circulaire, notamment par le recours aux données et aux solutions numériques. Elle permet d’inscrire l’économie circulaire au cœur des modèles commerciaux, durant la conception, la production, la consommation, la réutilisation, la réparation et la refabrication des produits et des processus. Pour engager un maximum de citoyens dans l’économie circulaire, il est donc primordial d’être présent là où ils sont : le digital !