Ces dernières années, l’économie et les supply chains mondiales ont été mises à mal. Passée la crise sanitaire, les pénuries de matières premières, l’inflation, les tensions géopolitiques ou encore la crise énergétique ont continué à challenger les acteurs économiques. Dans un contexte toujours plus complexe et incertain, les organisations placent la gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement au cœur de leurs priorités pour les années à venir.
Supply chain : les risques actuels et à venir
Dans l’économie mondialisée actuelle, les entreprises ont pris conscience de la complexité, mais aussi de la fragilité de leur chaîne d’approvisionnement. Elles ont notamment identifié les risques multiples qui menacent leur bon fonctionnement.
Les risques #1 : le manque capacitaire
Certaines entreprises ne sont pas en mesure d’assurer la production pour répondre à la demande sur le marché. Cela est notamment dû au manque de matières premières, mais aussi de main-d’œuvre dans certains secteurs. Cette situation entraîne des pénuries de produits à répétition qui se répercutent sur le coût global, tout en impactant le service et la satisfaction des clients finaux.
Les risques #2 : les cybermenaces
Avec la transformation digitale des organisations, la cybersécurité devient un incontournable. Depuis la crise sanitaire, qui a été le catalyseur de la digitalisation, les cybercriminels se sont professionnalisés et ont industrialisé la gestion de leurs attaques. Toutes les entreprises n’ont pas forcément les ressources pour se prémunir de ce danger, ce qui peut avoir un impact sur l’ensemble des maillons de la chaîne logistique.
Les risques #3 : l’inflation
La hausse des prix se généralise dans le monde entier, tant sur les matières premières que sur l’énergie. D’après une récente étude menée par le cabinet de conseil KPMG, 71 % des entreprises mondiales considèrent la hausse du coût des matières premières comme une menace majeure pour leur chaîne d’approvisionnement. Et d’autant plus qu’après cette phase d’inflation plane la menace d’une récession économique.
Les risques #4 : les tensions géopolitiques
Les tensions géopolitiques à l’échelle mondiale se sont accrues avec le conflit russo-ukrainien. De plus, la situation a mis en évidence la dépendance de nombreux pays, notamment européens, au gaz russe et aux ressources agricoles ukrainiennes. Sans parler de la dégradation des relations entre la Chine et les États-Unis…
Toujours d’après cette même étude, plus de 6 organisations mondiales sur 10 s’attendent à ce que l’instabilité géopolitique ait un impact négatif sur leurs supply chains au cours des trois prochaines années.
Les risques #5 : la crise climatique
Les observateurs constatent une prise de conscience globale quant à la crise écologique. Pour la supply chain, le cœur du sujet réside dans les événements météorologiques extrêmes (sécheresse, tempêtes, inondations, incendies, etc.) qui se sont multipliés ces dernières années. Ce sont autant de catastrophes naturelles qui impactent directement ou indirectement la chaîne d’approvisionnement avec, par exemple, la détérioration des infrastructures ou encore la destruction des récoltes.
Comment améliorer la gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement ?
Face à ce contexte, les entreprises renforcent leurs dispositifs de gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement. Outre la révision à long terme des stratégies d’achat et d’implantation industrielle, elles misent sur des solutions concrètes pour prévenir, identifier et limiter les impacts des prochains événements.
Se créer un solide réseau de fournisseurs
Pour améliorer la gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement, les entreprises doivent disposer d’une cartographie détaillée de leurs fournisseurs allant au-delà du rang 1. Cette approche s’accompagne d’un système d’évaluation et de gestion des risques fournisseurs. Celui-ci consiste à identifier ces risques, à les prioriser, à les prévenir via un plan d’action et à les suivre avec les indicateurs clés de performance adaptés, dans un cadre d’amélioration continue.
Aujourd’hui, cette démarche doit également s’étendre aux sujets RSE et cyber, dans une démarche gagnant-gagnant. En effet, de plus en plus d’entreprises accompagnent leur réseau de fournisseurs dans la maîtrise de ces nouveaux enjeux essentiels au bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement.
Diversifier sa supply chain
Le dual-sourcing (voire le multi-sourcing) continue de séduire les entreprises. Elles s’orientent même vers le développement de sources d’approvisionnement plus locales. Cette stratégie consiste à rapprocher les sources d’approvisionnement (voire une activité économique) des marchés de consommation, notamment en ce qui concerne les matériaux et les composants critiques.
En plus de gagner en agilité, cela permet aussi aux entreprises de réduire leurs délais et leur empreinte carbone (et tout particulièrement leur scope 3). D’après une enquête menée par Qima, une entreprise hong-kongaise spécialisée dans le contrôle qualité, deux tiers des organisations européennes déclarent acheter davantage auprès de fournisseurs basés sur le territoire national et/ou dans des régions proches. Cette démarche a également tout intérêt à être associée à une stratégie d’achats responsables.
Gagner en réactivité
Aujourd’hui, les chaînes d’approvisionnement doivent pouvoir réagir rapidement aux aléas. Pour autant, seuls 7 % des entreprises seraient en mesure d’exécuter des décisions en temps réel, comme le rappelle une récente enquête réalisée par Gartner. À ce titre, la gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement peut être facilitée par la transformation digitale et, tout particulièrement, par certaines technologies qui gagnent en maturité.
D’ailleurs, l’étude de KPMG souligne que 6 entreprises sur 10 envisagent d’investir dans la technologie numérique pour renforcer leurs processus de chaîne d’approvisionnement ainsi que leurs capacités de synthèse et d’analyse de données.
Sur quels outils s’appuyer ?
- Les plateformes de surveillance pour prévenir les événements pouvant impacter la supply chain mondiale ;
- L’analyse des données en temps réel pour affiner ses prédictions et ajuster ses opérations ;
- La blockchain pour améliorer la transparence et la traçabilité des flux, mais aussi automatiser certains processus (avec l’exemple des smart contracts) ;
- L’automatisation des processus à faible valeur ajoutée (calcul des taxes, règlements, etc.) pour gagner en marge de manœuvre.
Les priorités ont considérablement évolué en ce qui concerne le management de la supply chain ces dernières années. L’heure est désormais à l’anticipation et à l’agilité, au service de chaînes d’approvisionnement résilientes et durables. À travers cette nouvelle donne, les entreprises espèrent non seulement améliorer la gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement, mais aussi, et surtout, exploiter de nouvelles opportunités

