Finance verte : comment intégrer des critères responsables dans votre politique d’achats ?

Une équipe échange sur des objectifs durables liés à la finance verte.
31 mars 2026

La finance verte prend aujourd’hui une importance majeure dans les stratégies d’entreprise orientées vers la durabilité. Elle vise à orienter les flux financiers vers des activités capables de réduire les impacts environnementaux, d’améliorer la transparence et de renforcer la résilience globale. Cette dynamique transforme progressivement la manière d’allouer les budgets, y compris dans la fonction achats, devenue un levier décisif pour atteindre les objectifs ESG (Environnement, Social, Gouvernance). En orientant leurs choix vers des produits plus durables, des fournisseurs engagés et des solutions circulaires, les organisations alignent leur politique d’achats sur les ambitions climatiques, sociales et économiques portées par la finance durable.

Qu’est-ce que la finance verte et comment s’articule-t-elle avec les critères ESG ?

La finance verte renvoie à l’ensemble des mécanismes financiers permettant de soutenir des projets ou des activités bénéfiques pour l’environnement. Elle repose sur trois piliers clés :

  • Décarbonation : réduction progressive des émissions de gaz à effet de serre ;
  • Transparence : capacité à justifier les choix budgétaires par des données quantitatives fiables ;
  • Résilience : aptitude de l’entreprise à anticiper, absorber et dépasser les risques sociaux, climatiques ou économiques.

 

Ces principes deviennent incontournables pour répondre aux attentes des investisseurs, renforcer la crédibilité extra-financière et orienter les flux financiers vers des chaînes d’approvisionnement responsables.

L’objectif principal de la finance verte est d’encourager des investissements alignés avec les impératifs de la transition environnementale : efficacité énergétique, réduction des déchets, développement de produits durables, solutions bas carbone, protection des ressources.

Elle ne se limite pas à des produits financiers dédiés (obligations vertes, fonds labellisés) : elle influence progressivement les pratiques opérationnelles et budgétaires, notamment l’allocation de ressources au sein des achats. Plus ces derniers privilégient des solutions responsables, plus l’entreprise peut démontrer sa contribution aux objectifs ESG.

Comment les achats responsables contribuent-ils à la stratégie de finance verte ?

En influençant l’ensemble de la chaîne de valeur, les achats jouent un rôle essentiel dans l’atteinte des engagements ESG. Leur impact s’étend bien au-delà des performances internes puisqu’une large part des émissions, des risques sociaux et des consommations de ressources se situe au niveau des fournisseurs.

Réduire l’empreinte carbone : pourquoi la fonction achats est décisive sur le scope 3

La majorité des émissions liées à une entreprise provient de son scope 3, c’est-à-dire celles générées par les produits achetés, leur fabrication, leur transport et leur fin de vie. En sélectionnant des offres responsables, en soutenant des partenaires engagés dans la décarbonation et en privilégiant la logistique optimisée, la fonction achats contribue directement à améliorer les performances environnementales globales.

Comme le rappelle Antoine Compin, Directeur Général de Manutan France et Iberia « 80 % de la stratégie RSE d’entreprise est supportée par la direction des achats. De par votre influence stratégique en amont de la chaîne de valeur, vous pouvez contribuer à décarboner votre entreprise tout en préservant les ressources et l’environnement. »

Cette vision rejoint pleinement les principes de la finance verte, qui valorise les initiatives structurantes au sein de la chaîne d’approvisionnement.

Intégrer des pratiques d’achats responsables pour renforcer les engagements sociaux et éthiques

Les achats responsables ne se résument pas aux impacts carbones. Ils englobent également :

  • La qualité des conditions de travail chez les fournisseurs ;
  • Le respect des droits humains tout au long de la chaîne d'approvisionnement ;
  • La promotion de la diversité et de l’inclusion ;
  • Le recours à des produits durables et réparables ;
  • La réduction des déchets grâce à des solutions circulaires.

 

Cette approche globale renforce la cohérence entre achats responsables, performance économique et exigences de la finance verte.

Intégrer les critères ESG dans votre budget achats : quelles méthodes privilégier ?

L’intégration des critères ESG implique une évolution des pratiques de budgétisation, d’évaluation et de pilotage. L’objectif n’est pas d’augmenter les coûts mais de créer de la valeur durable, mesurable et alignée avec les attentes des parties prenantes.

Déployer un budget d’achats aligné sur la finance verte

Un budget aligné finance durable repose sur deux leviers complémentaires :

  • La création de budgets verts, c’est-à-dire l’attribution d’une part du budget aux achats favorisant la transition environnementale ;
  • La pondération ESG dans les appels d’offres, permettant de valoriser la performance environnementale, sociale et éthique des fournisseurs autant que les critères économiques.

Ce type de démarche renforce la capacité à démontrer une allocation responsable des ressources et à optimiser la performance globale.

Structurer votre évaluation fournisseurs : scoring ESG et suivi continu des performances

L’intégration ESG passe aussi par un système d’évaluation structuré. Les entreprises peuvent déployer :

  • Un scoring fournisseurs intégrant des indicateurs quantifiables ;
  • Une analyse régulière des données (émissions, conditions sociales, certifications, gouvernance) ;
  • La contractualisation de plans de progrès durables.

Dans cette démarche, le service Conseils / Assistance d'experts de Manutan vous accompagne avec une réelle expertise humaine pour valider les spécifications et guider votre choix (disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni, Portugal, à date de publication du contenu).

La montée en puissance de la Taxonomie verte européenne : un cadre structurant pour les achats responsables

La finance verte s’appuie désormais sur un cadre réglementaire de référence à l’échelle européenne : la Taxonomie verte européenne. Celle-ci définit précisément ce qui peut être considéré comme une activité économique « durable » au regard des objectifs environnementaux de l’Union européenne.

Son ambition est double :

  • harmoniser les critères de durabilité afin d’éviter le greenwashing ;
  • orienter les flux financiers vers des activités réellement alignées avec la transition écologique.

La taxonomie repose sur six objectifs environnementaux, parmi lesquels la lutte contre le changement climatique, l’adaptation aux risques climatiques, l’utilisation durable des ressources ou encore la prévention de la pollution. Pour être considérée comme durable, une activité doit contribuer de manière substantielle à l’un de ces objectifs sans porter atteinte aux autres, tout en respectant des garanties sociales minimales.

CSRD et taxonomie : de nouvelles exigences qui renforcent le rôle des achats

Depuis 2024–2025, la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) impose à un nombre croissant d’entreprises de publier des informations extra-financières détaillées, incluant la part de leurs activités, investissements et dépenses opérationnelles alignés avec la Taxonomie européenne.

Dans ce contexte, la fonction achats devient un levier central. Une part significative des dépenses (CapEx et OpEx) est directement liée aux fournisseurs, aux produits et aux services achetés. La capacité à démontrer l’alignement taxonomique repose donc largement sur :

  • La sélection de fournisseurs dont les activités sont compatibles avec les critères de la taxonomie ;
  • L’identification de produits et solutions contribuant à des objectifs environnementaux éligibles ;
  • La traçabilité des données ESG associées aux achats.

Les directions achats jouent ainsi un rôle clé dans la fiabilité du reporting CSRD et dans la démonstration concrète de la contribution de l’entreprise à la finance verte.

Aligner la politique d’achats avec la taxonomie : une opportunité stratégique

Intégrer la taxonomie verte dans la politique d’achats ne se limite pas à une contrainte réglementaire. Il s’agit d’une opportunité stratégique pour :

  • Structurer les critères ESG dans les appels d’offres ;
  • Prioriser les fournisseurs engagés dans la transition environnementale ;
  • Sécuriser l’accès à des financements durables ;
  • Renforcer la crédibilité de la stratégie RSE auprès des investisseurs et partenaires financiers.

En articulant achats responsables, finance verte et taxonomie européenne, les entreprises disposent d’un cadre robuste pour piloter leur performance extra-financière, orienter leurs budgets de manière responsable et inscrire leur chaîne d’approvisionnement dans une trajectoire durable et mesurable.

Quels sont les principaux outils de la finance verte pour les directions achats ?

Pour sécuriser les performances ESG, plusieurs outils et référentiels facilitent l’évaluation et la structuration des achats responsables.

Labels, certifications et plateformes ESG pour une politique d’achats fiable et traçable

Parmi les outils les plus utilisés dans le cadre de la finance durable, on retrouve :

  • ISO 20400, référence internationale en matière d’achats responsables ;
  • EcoVadis, plate-forme d’évaluation des performances RSE ;
  • Les labels verts certifiant la durabilité des produits ;
  • Des banques engagées proposant des services financiers alignés avec les critères ESG ;
  • Des plateformes ESG facilitant le suivi des données et des indicateurs.

 

Ces outils permettent de fiabiliser les décisions d’achat et de structurer la communication extra-financière.

Collaborations internes : comment aligner achats, finance et RSE dans une approche intégrée ?

La finance verte repose sur la convergence de trois expertises : achats, finance et RSE.

Un meilleur partage de données, une compréhension commune des objectifs et une gouvernance claire renforcent la capacité à sélectionner des fournisseurs durables, piloter les risques et optimiser les budgets sur le long terme.

Ce fonctionnement collaboratif contribue également à sécuriser la conformité réglementaire à l’échelle européenne.

Comment suivre et piloter l’impact de votre politique d’achats sur la finance verte ?[NE1] [me2] 

Le pilotage est indispensable pour maintenir le cap et démontrer la valeur créée par les achats responsables. Les données ESG doivent être consolidées, analysées et présentées de manière claire aux parties prenantes.

Les KPIs clés pour mesurer la maturité ESG des achats

Parmi les indicateurs les plus utilisés :

  • Part du budget aligné ESG ;
  • Évolution du scoring fournisseurs ;
  • Émissions évitées ou réduites grâce aux produits responsables ;
  • Taux d’utilisation des solutions circulaires (recyclage, réemploi, réparabilité).

 

Reporting extra-financier, audits et communication : valoriser la stratégie auprès des investisseurs

Une politique d’achats alignée finance durable nécessite un reporting extra-financier rigoureux, souvent audité en externe. Les informations doivent être structurées, transparentes et illustrées par des données factuelles : progression des KPIs, plans d’action, engagements fournisseurs, taux d’alignement à la taxonomie.

Cette démarche améliore la crédibilité de l’entreprise et renforce son attractivité auprès des investisseurs sensibles aux performances ESG.

Pourquoi 2025 est un tournant pour la finance verte en Europe ?

L’année 2025 marque un changement d’échelle majeur pour la finance verte en Europe. Jusqu’ici perçues comme des cadres volontaires ou progressifs, les exigences réglementaires deviennent désormais structurantes et contraignantes pour un nombre croissant d’entreprises.

Deux dispositifs européens jouent un rôle central dans ce tournant : la Taxonomie verte européenne et la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD).

La CSRD étend fortement le périmètre des entreprises soumises à des obligations de reporting extra-financier. Elle impose une publication standardisée, auditée et comparable des données ESG, incluant notamment :

  • la part des activités, investissements et dépenses opérationnelles alignés avec la taxonomie européenne ;
  • les risques et opportunités liés aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux ;
  • la manière dont la stratégie, la gouvernance et les processus opérationnels intègrent ces enjeux.

Dans ce contexte, la fonction achats devient un point d’appui critique. Une part significative des données exigées par la CSRD dépend directement des fournisseurs, des produits et des services achetés. Les directions achats sont donc en première ligne pour :

  • fiabiliser les données ESG nécessaires au reporting ;
  • démontrer l’alignement des dépenses avec les critères de la taxonomie ;
  • sécuriser la conformité réglementaire de l’entreprise.

La taxonomie européenne, quant à elle, agit comme un référentiel commun pour qualifier ce qui relève réellement d’une activité « durable ». Elle renforce les exigences de transparence et limite les risques de greenwashing, tout en orientant plus clairement les décisions d’investissement, de financement et d’achats.

À partir de 2025, les entreprises qui n’auront pas structuré leur pilotage ESG — notamment au niveau des achats — s’exposent à :

  • des difficultés de conformité réglementaire ;
  • une perte de crédibilité auprès des investisseurs et partenaires financiers ;
  • une moindre capacité à accéder aux financements durables.

À l’inverse, celles qui anticipent ces évolutions transforment la contrainte réglementaire en avantage stratégique, en faisant des achats responsables un levier clé de performance, de transparence et de création de valeur durable.

En orientant les budgets vers des produits plus responsables, en collaborant avec des fournisseurs engagés et en structurant une méthode de pilotage fiable, la fonction achats contribue puissamment aux ambitions de la finance verte. Cette dynamique permet non seulement de réduire les impacts environnementaux mais aussi d’améliorer la performance globale de l’entreprise.

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