Comptabilité carbone : comment les directions achats peuvent piloter la performance environnementale et réduire l’empreinte carbone de leur entreprise

Une équipe échange sur des indicateurs ESG afin d’améliorer la comptabilité carbone
10 mars 2026

La comptabilité carbone correspond à un inventaire structuré de toutes les émissions de gaz à effet de serre générées par une entreprise, exprimées en équivalent COâ‚‚. Sa définition repose sur un principe simple : mesurer, analyser et suivre l’ensemble des émissions directes ou indirectes afin d’améliorer la transparence, de piloter un plan de décarbonation et de réduire l’empreinte carbone sur la durée. Contrairement à un bilan carbone ponctuel, elle constitue un processus continu qui aide à définir un périmètre, à hiérarchiser les priorités et à aligner les actions avec les exigences réglementaires, notamment la CSRD, ou les attentes liées à la comptabilité extra-financière.  Pour les directions achats, la comptabilité carbone devient un outil structurant pour piloter les émissions liées aux fournisseurs, prioriser les actions de réduction et orienter les décisions d’approvisionnement sur des bases mesurables.

Qu'est-ce que la comptabilité carbone ?

La comptabilité carbone s’appuie sur des référentiels de comptabilité reconnus internationalement. Elle structure un processus continu permettant d’établir une comptabilité précise de l’ensemble des émissions produites par une entreprise, de définir un périmètre d’analyse clair et d’identifier les actions de réduction les plus pertinentes. En consolidant ces éléments dans un bilan GES, il devient possible d’anticiper les enjeux liés au changement climatique, à la transition écologique et à la transition énergétique.

Comptabilité carbone : un cadre durable pour suivre toutes les émissions

La comptabilité carbone permet d’analyser, d’inventorier et de suivre la quantité d’émissions exprimée en équivalent COâ‚‚, en intégrant le dioxyde de carbone, le protoxyde d’azote, le méthane et les autres gaz responsables du réchauffement climatique. Elle accorde une importance particulière aux émissions indirectes, notamment celles liées au transport, aux achats ou au cycle de vie des produits.

Cette approche structure l'évaluation sur le long terme et sert de base à une stratégie climat, capable d’inclure des leviers comme la réduction, la compensation carbone ou la transformation des usages.

Comptabilité carbone vs bilan carbone : deux outils complémentaires

Le bilan carbone est un exercice ponctuel permettant d’obtenir une photographie des émissions d’une organisation.

La comptabilité carbone, elle, s’inscrit dans une logique de pilotage continu :

  • Elle suit les évolutions de consommation ;
  • Compare différents scénarios de réduction des émissions ;
  • Mesure l’impact des facteurs d’émissions ;
  • Permet d’ajuster les objectifs de réduction.

Pour les directions achats, cette approche offre un levier opérationnel concret : elle permet de suivre l’impact carbone des décisions d’approvisionnement, de comparer plusieurs scénarios fournisseurs et d’arbitrer entre performance économique et réduction des émissions. La comptabilité carbone devient ainsi un outil clé pour piloter la stratégie achats sur le long terme, au-delà du simple diagnostic initial.

Quels standards encadrent aujourd’hui la comptabilité carbone ?

Plusieurs cadres internationaux ont progressivement harmonisé la manière de mesurer, quantifier et déclarer les émissions de GES. Ils facilitent aussi l’intégration de ces données dans les obligations réglementaires.

Le GHG Protocol, la référence mondiale

Le GHG Protocol constitue aujourd’hui la norme la plus utilisée par les organisations. Ce protocole repose sur cinq principes :

  • Pertinence ;
  • Exhaustivité ;
  • Cohérence ;
  • Transparence ;
  • Exactitude.

Il sert de guide pour structurer un bilan GES réglementaire, faciliter l’analyse des émissions directes et des émissions indirectes, et définir des méthodes de consolidation adaptées à la chaîne de valeur.

ISO 14064 : fiabiliser et vérifier les données

La norme ISO 14064 propose une approche orientée sur la fiabilité des données, la vérification et la traçabilité. Elle facilite l’intégration de la comptabilisation carbone dans la stratégie RSE, l’audit interne ou les échanges avec les établissements publics et partenaires externes.

Elle contribue également à structurer l’évaluation nécessaire pour des mécanismes tels que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

La méthode Bilan Carbone® : un standard largement utilisé en Europe

Compatible avec le GHG Protocol, la méthode Bilan Carbone® facilite l’identification des postes d’émissions et des facteurs d’émission. Elle est utilisée par de nombreuses organisations pour un premier bilan carbone, avant une montée en maturité vers une comptabilité carbone complète.

Comment organiser efficacement la collecte des données par scope ?

Mettre en place une comptabilité carbone nécessite d’organiser la collecte des données, de structurer un inventaire adapté au périmètre choisi et d’identifier chaque poste d’émissions, qu’il soit lié aux activités directes, indirectes ou aux émissions indirectes liées aux fournisseurs.

Structurer les scopes 1 et 2 : les émissions directes et les consommations énergétiques

Les émissions directes (scope 1) regroupent celles dues à la combustion dénergies fossiles, à l’utilisation de véhicules ou d’équipements. Les émissions indirectes énergétiques (scope 2) concernent la consommation d’électricité, de chaleur ou de froid.

Ces postes exigent des données d’émissions fiables, souvent issues d’une base de données interne consolidée. La cohérence du bilan comptable financier avec le bilan GES renforce la qualité globale de la démarche.

Le Scope 3 : l’essentiel des émissions et l’importance de la chaîne de valeur

Pour certaines entreprises, plus de la moitié des émissions de carbone proviennent du scope 3. Ce périmètre inclut :

  • Les émissions indirectes générées par les achats ;
  • Le transport amont ou aval ;
  • Les activités externalisées ;
  • La fin de vie des produits.

Comme le souligne Imran Rasul, Directeur des achats du groupe Co-Op : « Les professionnels doivent se sentir à l'aise pour discuter avec les fournisseurs et les parties prenantes internes de la réduction de l'empreinte carbone, ainsi que des méthodes pour mesurer les émissions de la chaîne de valeur. »

Au-delà du diagnostic, cette visibilité sur le scope 3 constitue un véritable outil d’aide à la décision pour les directions achats. Elle permet d’identifier les fournisseurs et catégories les plus émissives, de prioriser les actions de réduction à fort impact et d’intégrer des critères carbone dans les appels d’offres et les choix de sourcing. Le scope 3 devient ainsi un levier structurant pour aligner la stratégie achats avec les objectifs climatiques de l’entreprise.

Méthodes et outils : quelle approche choisir pour structurer la comptabilité carbone ?

Le choix d’une méthode et d’un outil de comptabilité carbone ne relève pas d’une solution unique. Il dépend du niveau de maturité de l’entreprise, de la complexité de sa chaîne d’approvisionnement et des objectifs de pilotage définis par les directions achats et ESG.
 L’enjeu n’est pas seulement de mesurer les émissions, mais de disposer d’un dispositif adapté pour éclairer les décisions, prioriser les actions de réduction et sécuriser la conformité réglementaire. Dans cette perspective, les organisations arbitrent généralement entre trois approches complémentaires.

Internaliser : autonomie et maîtrise des processus

L’internalisation de la comptabilité carbone est souvent privilégiée par les organisations disposant d’équipes matures et de processus structurés. Elle permet notamment de :

  • Maîtriser finement la collecte et la qualité des données ;
  • Intégrer la comptabilité carbone aux processus existants, notamment achats et finance ;
  • Adapter les méthodes de calcul au modèle économique et aux spécificités métiers.

Cette approche offre un fort niveau de contrôle, mais elle suppose une expertise solide pour assurer la comptabilisation des émissions, documenter les facteurs d’émissions et maintenir l’alignement avec le GHG Protocol dans la durée.

Recourir à une plateforme spécialisée : automatisation et fiabilité

Le recours à une plateforme dédiée répond aux besoins des organisations confrontées à des volumes de données importants ou à une chaîne de valeur complexe. Ces outils facilitent la consolidation des données, s’appuient sur des bases de facteurs d’émissions fiables et permettent de modéliser différents scénarios de réduction.

Ils offrent également des fonctionnalités clés pour le pilotage :

  • Suivi des actions de réduction en temps réel ;
  • Amélioration de la traçabilité et de la transparence réglementaire ;
  • Préparation d’un rapport de durabilité conforme à la CSRD.

En apportant une vision structurée et comparable des émissions, ces plateformes soutiennent directement la prise de décision des directions achats et ESG..

S’appuyer sur un accompagnement externe : expertise et sécurisation

Certaines organisations choisissent de renforcer leur démarche grâce à un appui expert pour définir les leviers prioritaires, affiner l'interprétation des facteurs d’émission ou structurer un plan de décarbonation. À ce titre avec son service Conseils / Assistance d'experts, Manutan vous accompagne avec une réelle expertise humaine pour valider les spécifications et guider votre choix (disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni, Portugal, à date de publication du contenu).

Intégrer la comptabilité carbone dans le pilotage ESG et les exigences réglementaires

La comptabilité carbone devient un pilier du développement durable, de la stratégie RSE, et des obligations de transparence fixées par la directive européenne CSRD.

Un outil d’aide à la décision pour piloter une stratégie climat robuste

En consolidant les informations issues des trois scopes, la comptabilité carbone :

  • Met en évidence les émissions de GES prioritaires ;
  • Hiérarchise les actions de réduction ;
  • Éclaire la stratégie de décarbonation ;
  • Soutient l’élaboration d’une transition bas carbone réaliste.

Elle permet également d’évaluer différents scénarios d’approvisionnement, d’intégrer des critères bas carbone, ou de comparer l’empreinte de solutions alternatives.

Répondre aux obligations réglementaires européennes

La CSRD rend la comptabilité carbone quasiment obligatoire pour de nombreuses entreprises. Elle impose de mesurer les émissions, de documenter les méthodes, de fournir un inventaire GES réglementaire, et de démontrer une logique d’amélioration continue.

Ce cadre s’aligne avec les attentes d’autres réglementations européennes et britanniques portant sur :

  • la neutralité carbone ;
  • la transparence climatique ;
  • le mécanisme d’ajustement carbone ;
  • la cohérence entre bilan financier et bilan carbone.

 

La comptabilité carbone offre aux organisations un système complet pour quantifier, analyser et réduire leur empreinte carbone. En structurant la collecte, en améliorant la qualité des données d’émissions, en consolidant un bilan GES robuste et en pilotant une stratégie climat, elle permet d’agir efficacement face au réchauffement climatique. Elle représente aussi un prolongement naturel de la stratégie RSE, en soutenant une transition bas carbone, en préparant la conformité à la CSRD, et en accélérant le développement durable au sein de l’entreprise.

 

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