Comment transformer les déchets en ressources avec la symbiose industrielle pour optimiser vos achats et renforcer votre compétitivité ?

Des collaborateurs échangent autour d’un projet technologique et énergétique illustrant une démarche de symbiose industrielle
21 avril 2026

Résumé :

 

La symbiose industrielle consiste à transformer les déchets, l’énergie ou les matières inutilisées d’une entreprise en ressources pour une autre, dans une logique d’économie circulaire. Pour les directions achats, ces dynamiques offrent des leviers concrets d’optimisation des ressources et des coûts. Les acheteurs ont un rôle clé à jouer pour identifier les partenaires, structurer les flux et piloter ces collaborations.

 

Sommaire :

 

  • Qu’est-ce que la symbiose industrielle ?
  • Comment naît la symbiose industrielle ?
  • Symbiose industrielle : l’exemple de Kalundborg
  • Quel est le rôle des achats dans la symbiose industrielle ?

 

Dans un monde aux ressources limitées, l’économie circulaire s’impose comme une voie incontournable pour concilier performance économique et durabilité. Au cœur de ce modèle se trouve la symbiose industrielle, aussi appelée écologie industrielle et territoriale. Elle décrit les synergies inter-entreprises pour optimiser l’utilisation des ressources, réduire les déchets et renforcer la résilience des territoires. Ce modèle ouvre la voie à une production plus durable, plus rentable et plus responsable.

Qu’est-ce que la symbiose industrielle ?

La symbiose industrielle désigne un mode d’organisation entre entreprises qui échangent et/ou mutualisent leurs flux (matières, énergie, eau, déchets, services…). Cela s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels où chaque ressource même résiduelle trouve un usage pour un autre organisme.

 

Sabrina de Gobbi, économiste à l'Organisation internationale du travail, explique : « La symbiose industrielle est une forme d'économie circulaire centrée sur l'entreprise. Selon ce modèle, les déchets ou sous-produits d'une entreprise peuvent contribuer au système productif d'une autre entreprise et tout ça avec des bénéfices mutuels. »[1]

 

Contrairement à une idée reçue, la symbiose industrielle n’est pas réservée à l’industrie lourde. Les entreprises du secteur tertiaire peuvent également mutualiser des infrastructures, des équipements ou des services.

 

Cette démarche collaborative présente de multiples bénéfices. D’abord, elle permet de réduire la pression sur les ressources naturelles ainsi que les émissions de gaz à effet de serre. Cela génère aussi un impact économique direct : les coûts de production et de gestion des déchets sont réduits, ouvrant la voie à des modèles d’affaires fondés sur la valorisation plutôt que sur l’élimination. Enfin, la symbiose industrielle contribue à bâtir des écosystèmes plus résilients et plus compétitifs.

Comment naît la symbiose industrielle ?

Il existe trois grands modèles qui conduisent à la création des réseaux de symbiose industrielle : l’auto-organisation, la facilitation et la planification.

L’auto-organisation

Dans ce premier modèle, les entreprises collaborent spontanément pour réduire leurs coûts, augmenter leurs revenus ou développer leurs activités. Au départ, elles ne sont d’ailleurs pas toujours conscientes de la nature symbiotique de leurs échanges, car cela se structure naturellement au fil du temps. Souvent, ces démarches sont initiées par une entreprise, qui y associe d’autres sociétés tout au long de sa chaîne de valeur.

La facilitation

Dans ce deuxième modèle, c’est un tiers (collectif, association…) qui rassemble des entreprises volontaires, intéressées par le projet. Ce dernier leur apporte l’expérience, les connaissances et les contacts nécessaires pour initier une telle démarche.

La planification

Dans le troisième modèle, ce sont des acteurs externes qui identifient les entreprises. Ils jouent un rôle central : ils définissent les objectifs, structurent les réseaux de symbiose industrielle et participent aux prises de décision. Ce sont souvent les politiques gouvernementales qui sont à l’origine de ce type de projet.

Symbiose industrielle : l’exemple de Kalundborg

La toute première symbiose industrielle est née à Kalundbord, au Danemark. Cette dynamique s’est développée naturellement dans les années 1960. Les entreprises implantées dans cette zone industrielle voulaient réduire leurs déchets en trouvant des usages alternatifs qui généreraient du profit.

 

Cela a démarré avec six partenaires industriels et un acteur public. Tous ces acteurs se situaient à quelques centaines de mètres les uns des autres, et étaient reliés par un réseau de pipelines. Aujourd’hui, ce sont 17 partenaires qui s’échangent jusqu’à 34 flux allant de la vapeur à de la biomasse, en passant par des eaux usées, du sable, du souffre et de l’huile lubrifiante usagée.

 

Ce système permet d’économiser chaque année :

  • 24 millions d’euros
  • 635 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre
  • 3,6 millions de m3 d’eau
  • 100 GWH d’énergie
  • 87 000 tonnes de matériaux[2]

 

Aujourd’hui, il existe de multiples exemples de symbiose industrielle : la région de Styrie en Autriche, le parc éco-industriel d’Ulsan en Corée du Sud ou encore le cluster industriel d’Humber au Royaume-Uni.

 

 Un exemple de symbiose simple et bilatérale

En matière d’économie circulaire, nous croyons à la stratégie des petits pas. Les entreprises peuvent porter de hautes ambitions, tout en initiant des démarches progressives et accessibles. Cela repose sur des actions simples, rapides et quantifiables.

 

Le partenariat entre le groupe Manutan et Sical Creil, l’un de ses fournisseurs de cartons, en est un exemple. Les deux partenaires ont mis en place un système de récupération et de réutilisation des coiffes en bois utilisées pour stabiliser les palettes. Ces éléments, auparavant recyclées par Manutan, sont désormais réemployés par Sical Creil pour livrer de nouvelles commandes. Ce flux direct, sans transport supplémentaire grâce aux trajets retour optimisés, transforme ce déchet en ressources.

Quel est le rôle des achats dans la symbiose industrielle ?

La fonction achats joue un rôle clé dans le développement de l’économie circulaire. Et c’est tout aussi vrai pour l’élaboration de réseaux de symbiose industrielle.

Les directions achats peuvent conduire des réflexions internes autour de l’analyse de la chaîne de valeur pour initier des démarches de ce type, en phase avec la stratégie d’entreprise. Fort de leur connaissance approfondie de l’écosystème local, elles peuvent explorer les possibilités de flux de revalorisation ou de mutualisation.

 

C’est ce que souligne Anne Brenady, responsable environnement et économie circulaire de l’Afnor : « Cela consiste à faire en sorte que ses flux sortants deviennent les flux entrants d’un acteur voisin. La symbiose industrielle peut s’appliquer à différentes matières, à l’énergie, aux déchets. On peut aussi envisager de mutualiser des moyens de collectes. Dans tous les cas, l’entreprise va avoir besoin des acheteurs pour sourcer et identifier les partenaires impliqués dans la mutualisation de ces flux et pour trouver des débouchés. »[3]

 

Une fois les opportunités identifiées, les achats vont également structurer la démarche. Ils vont se charger d’orchestrer les relations, de négocier les contrats, puis de veiller à leur bonne exécution. C’est aussi à eux de mettre en place un système de suivi et d’évaluation, avec les bons indicateurs clés de performance, pour s’inscrire dans une logique d’amélioration continue.

 

La symbiose industrielle crée ainsi de la valeur économique, sociale et environnementale. Quant aux achats, ils sont idéalement positionnés pour initier, structurer et piloter ces démarches. Dès lors, ils deviennent de véritables catalyseurs d’innovation circulaire.

 

Pour aller plus loin dans l’économie circulaire

Le groupe Manutan accompagne les entreprises dans leur démarche circulaire. Nous proposons une offre de produits reconditionnés ainsi que des services de collecte et revalorisation des anciens équipements (disponible en Belgique, France et aux Pays-Bas, sous conditions en Italie et sur demande au Danemark, en Suède, Finlande, Norvège et Royaume-Uni, à date de publication du contenu), mais aussi de la location et du reconditionnement as a service.

 

[1] Sabrina, DE GOBBI (Économiste, Organisation internationale du travail), Symbiose industrielle : quand l'innovation écologique rencontre l'emploi, Organisation Internationale du Travail, 14 novembre 2024 [https://voices.ilo.org/fr-fr/podcast/symbiose-industrielle--quand-linnovation-ecologique-rencontre-lemploi]

[3] Anne, BRENADY (responsable environnement et économie circulaire, Afnor), Tous les chemins de l’économie circulaire passent par les Achats, 21 janvier 2022, Républik HA [https://www.republik-achats.fr/ha-responsable/environnement/tous-les-chemins-de-l-economie-circulaire-passent-par-les-achats.html]

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