Résumé :
Le right-shoring repositionne chaque activité de la chaîne de valeur au bon endroit, en arbitrant entre les coûts et les avantages. À partir d’une analyse rigoureuse des données, l’entreprise construit un modèle flexible qui combine reshoring, nearshoring, friendshoring et offshoring. Cette approche renforce la résilience, la compétitivité et la maîtrise opérationnelle.
Sommaire :
- Qu’est-ce que le right shoring ?
- Quelles sont les différentes stratégies ?
- Quels sont les bénéfices du right shoring ?
- Comment mettre le right-shoring en place ?
Ces dernières années, les supply chain mondiales ont été confrontées à de nombreux challenges : pandémie, conflits géopolitiques, problèmes logistiques… Les entreprises n’ont eu d’autres choix que de repenser leurs stratégies d’approvisionnement. Aujourd’hui, l’heure est au right-shoring : l’art de trouver le juste équilibre entre les coûts et les avantages. L’objectif : renforcer l’agilité et la résilience de ses chaînes d’approvisionnement, en s’adaptant aux dynamiques mondiales.
Qu’est-ce que le right shoring ?
Le right shoring consiste à placer chaque activité de sa chaîne de valeur au « bon endroit ». Concrètement, il s’agit d’adopter un modèle flexible, en combinant les différentes approches existantes : reshoring, nearshoring, friendshoring et offshoring.
Tout l’enjeu est de trouver le meilleur compromis. Pour l’identifier, il convient de réaliser une analyse des coûts / bénéfices. Cela implique de prendre en compte différents variables : le type de produits, les coûts, les volumes, les risques, les délais de livraison, la qualité, le niveau de service…
Cela implique d’avoir une solide connaissance de sa chaîne de valeur, ainsi qu’une data fiable. C’est ce que souligne Dave Evans, Président Directeur Général de MISUMI Americas : « Le right-shoring est réussi lorsque le créateur, l'ingénieur ou l'acheteur a accès à un choix aussi large que possible, ainsi qu'à la visibilité et à la transparence nécessaires pour faire le bon choix. Il est réussi lorsqu'ils ont toutes les données dont ils ont besoin à portée de main et lorsqu'ils peuvent facilement comprendre le coût réel de possession lorsqu'ils achètent dans une région géographique particulière. »[1]
Quelles sont les différentes stratégies ?
Il existe quatre grands types de stratégies de chaîne d’approvisionnement : le reshoring, le nearshoring, le friendshoring et l’offshoring. Du tout local au tout global, chacune de ces approches offre un équilibre différent entre les coûts et les avantages.
Le reshoring
Le reshoring, ou relocalisation, implique de rapatrier dans son pays d’origine sa production ou ses achats qui étaient jusqu’alors délocalisés. Cela vise à reprendre le contrôle sur la qualité, sécuriser les approvisionnements et réduire les délais.
Le nearshoring
Le nearshoring privilégie une approche régionalisée. Il s’agit de rapprocher ses activités dans des pays géographiquement proches. Cela peut être sur son continent d’origine, ou bien dans des pays voisins. Cette proximité fluidifie ainsi la collaboration et réduit les délais.
Le friendshoring
Le friendshoring consiste à réorienter ses activités auprès de pays « amis » : alliés politiques, partenaires stables partageant des valeurs, des normes et des engagements communs. Cette approche participe à sécuriser et pérenniser les chaînes d’approvisionnement.
L’offshoring
L’offshoring désigne le fait de délocaliser certaines activités vers des pays éloignés sur le plan géographique, généralement à bas coûts. Plébiscitée pendant des années, cette stratégie s’inscrit dans une logique de réduction des coûts et de rentabilité.
Quels sont les bénéfices du right shoring ?
Le right-shoring vise à réduire les risques, stimuler la compétitivité et bien sûr renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement. En effet, cette approche permet de réduire les dépendances envers certaines zones géographiques, réduire les délais et offrir un meilleur contrôle des opérations, tout en s’adaptant aux dynamiques mondiales.
Le right-shoring s’inscrit également dans le cadre de la stratégie RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise). Les entreprises peuvent intégrer des critères RSE, privilégier les zones où les normes sociales et environnementales sont davantage alignées avec celles de leur marché, ou encore renforcer la transparence et la traçabilité au sein de leur supply chain.
Jamie Ogilvie-Smals, Vice-Président des Services chez GEP, souligne : « C'est l'ampleur potentielle de ces avantages qui est passionnante : les avantages peuvent être énormes, car une entreprise optimise potentiellement une grande partie de sa chaîne d'approvisionnement. Cela dit, il est important de ne pas se laisser décourager par les perspectives d'une réflexion sur le right-shoring. Si vous le souhaitez, il est tout à fait possible d'être plus ciblé et tactique, et de simplement examiner une partie des dépenses offshore globales. »[2]
Comment mettre le right-shoring en place ?
Le right-shoring repose sur une analyse poussée de la chaîne de valeur et un arbitrage entre localisation, coûts et avantages.
Étape n°1 : objectif
La toute première étape est de clarifier le but de la stratégie de right-shoring. Il est primordial que l’entreprise s’interroge en amont : souhaite-elle réduire ses coûts, améliorer la qualité ou la durabilité, gagner en réactivité ou en résilience ? L’équipe projet doit définir l’importance de chacun de ces objectifs.
Étape n°2 : diagnostic
La deuxième étape consiste à analyser sa supply chain. Pour chaque famille d’achats, l’équipe projet cartographie les flux, les fournisseurs, les risques… Ensuite, elle segmente les achats et définit les priorités selon la criticité et le potentiel d’optimisation.
Étape n°3 : arbitrage
La troisième étape doit permettre une prise de décision éclairée. Cela implique de construire une matrice de décision multicritères qui détaille les coûts totaux d’acquisition (TCO), les délais, la conformité RSE, l’alignement stratégique… L’idée est de tester différents scénarios en réalisant des modélisations.
Étape n°4 : mise en œuvre
La quatrième étape se focalise sur l’exécution de la stratégie. L’équipe peut commencer par des projets pilotes sur une ou deux familles d’achats. En fonction du scénario retenu, elle peut alors sélectionner ses nouveaux fournisseurs et contractualiser avec eux.
Étape n°5 : pilotage
Lors de cette cinquième et dernière étape, l’idée est de suivre et ajuster les projets. L’équipe s’appuie sur différents indicateurs clés de performance : coûts, taux de service, émissions carbone… Régulièrement, elle réalise le bilan et engage les actions correctrices nécessaires.
Le groupe Manutan, votre partenaire européen
Le groupe Manutan compte parmi les leaders européens du e-commerce BtoB. Nous opérons en Europe, à travers nos 25 filiales européennes, mais aussi en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie via notre activité export. Grâce à de solides partenariats avec nos 4 000 fournisseurs, nous maîtrisons l’ensemble de notre chaîne d’approvisionnement. Où que vous soyez, nos équipes spécialisées en logistique internationale et nos partenaires locaux à travers le monde vous accompagnent dans vos achats. Manutan propose un large assortiment de produits en stock pour répondre rapidement aux besoins (offre de produits distincte selon les pays, à date de publication du contenu).
En somme, repenser sa chaîne d’approvisionnement mondiale est une tâche aussi stratégique que complexe. Pour réussir, les entreprises doivent trouver la bonne combinaison de stratégies. Selon les cas, cela peut être une étape essentielle pour garantir la sécurité, la compétitivité, voire la pérennité de ses activités.
[1] Dave, EVANS, (President and CEO, MISUMI Americas), It’s About Right-Shoring, Not Re-Shoring, Forbes, 9 décembre 2020 [https://www.forbes.com/sites/daveevans/2020/12/09/right-shoring-not-re-shoring/]
[2] Jamie OGILVIE-SMALS (Vice-Président des Services, GEP), WHY IT’S TIME
TO RETHINK YOUR SOURCING STRATEGY, GEP

