Comment le carbon insetting transforme la chaîne de valeur et répond aux enjeux environnementaux pour les entreprises ?

14 avril 2026

Résumé :

Le carbon insetting est un levier clé des stratégies net zéro des entreprises, en particulier pour agir sur le scope 3. Contrairement au carbon offsetting, l’insetting consiste à investir directement dans des projets au cœur de la chaîne de valeur, en collaboration avec les fournisseurs et les territoires. En plus de réduire ses émissions, cela permet de renforcer la résilience de sa supply chain, de créer des impacts positifs et de la valeur globale. La fonction achats a un rôle central à jouer dans le déploiement de ces projets.

Sommaire :

  • Qu’est-ce que le carbon insetting ?
  • Quels sont les bénéfices du carbon insetting ?
  • À quoi ressemble un projet de carbon insetting ?
  • Quel est le rôle de la fonction achats dans le carbon insetting ?

Dans la lutte contre le changement climatique, de nombreuses entreprises s’engagent dans des trajectoires net zéro. Dans cette démarche, elles peuvent s’appuyer sur le carbon insetting. Cela consiste à investir dans des projets durables au sein même de leur chaîne de valeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer le stockage du carbone. Cette approche concerne tout particulièrement le scope 3, qui concentre la majeure partie de l’empreinte carbone des entreprises.

Qu’est-ce que le carbon insetting ?

Le carbon insetting consiste à financer ou déployer des projets de réduction et/ou de séquestration carbone directement au sein de la chaîne de valeur de son entreprise. Ces projets reposent sur une logique collaborative, via l’investissement direct dans des écosystèmes, des fournisseurs ou des communautés locales. Cela peut prendre différentes formes : agriculture régénératrice, agroforesterie, transition énergétique des fournisseurs, optimisation des procédés industriels…

Dans le cadre d’une stratégie zéro émission nette, la priorité est toujours donnée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre au sein de l’entreprise, et notamment de son écosystème.  C’est précisément ce que défend Leon Laubscher, Climate Strategy Programme Lead chez Unilever : « Un leader en matière de climat commence par gérer ses propres émissions internes. Mais un leader tourné vers l’avenir s’attaque également à sa chaîne d’approvisionnement. Cela peut sembler altruiste à l’échelle planétaire, mais il s’agit tout simplement d’une démarche judicieuse sur le plan commercial : il est essentiel de veiller à ce que vos fournisseurs puissent eux aussi traverser la transition que vous souhaitez encourager. Utilisez votre pouvoir d’achat comme une force positive, en vous engageant auprès de vos fournisseurs et en les aidant à gérer et à réduire leurs propres émissions. »

C'est dans cette logique que s'inscrit le carbon insetting. Comme le souligne Andrea d’Avack, Global Chief Sustainabiliy Officer chez Chanel : « L’insetting nous permet de créer une valeur partagée avec nos fournisseurs et de concrétiser notre ambition climatique. Nous soutenons plusieurs projets qui favorisent la préservation de la santé des écosystèmes locaux, contribuant à la fois à réduire les émissions de carbone et à promouvoir la capture et le stockage naturels du carbone. Cette approche participe également à renforcer la résilience climatique, en apportant des bénéfices significatifs aux communautés qui entourent ces paysages. »

Toutefois, il faut savoir qu’il n’existe pas encore de consensus clair pour définir le cadre et les lignes directrices du carbon insetting. Au demeurant, de nombreuses parties prenantes y travaillent et les grandes entreprises s’en sont déjà emparées.

Insetting vs offsetting

À l’inverse de l’insetting, le carbon offsetting s’attache à compenser les émissions carbone via des projets externes à l’entreprise. Cela repose davantage sur une logique transactionnelle, via l’achat de crédits carbone issus de projets à impact positif.

Quels sont les bénéfices du carbon insetting ?

Les pratiques de carbon insetting offrent des avantages environnementaux, mais aussi économiques et stratégiques pour les entreprises.

Réduire durablement les émissions carbone

Tout d’abord, les entreprises peuvent réduire leurs émissions indirectes, en agissant directement auprès de leurs fournisseurs et partenaires. Cela joue un rôle clé dans la réduction de leur scope 3, qui concentre en moyenne entre 50 à 90 % des émissions de gaz à effet de serre des entreprises. Cela participe ainsi à l’atteinte de leur objectif de neutralité carbone.

Renforcer la résilience de la supply chain

Les pratiques durables, la meilleure gestion des ressources naturelles et la collaboration avec les fournisseurs contribuent à accroître la productivité, tout en assurant la pérennité des approvisionnements en matières premières. Cela participe à réduire les risques environnementaux et climatiques, améliorer la transparence et renforcer la résilience des chaînes de valeur sur le long terme.

Générer des impacts positifs

Les projets d’insetting participent à restaurer des puits de carbone naturels et des cycles hydriques locaux, à améliorer la santé des sols, à lutter contre le déboisement et la perte de biodiversité. Tout cela joue un rôle clé pour réduire les émissions carbone, mais aussi plus largement pour préserver les moyens de subsistance des producteurs et des communautés locales.

Créer de la valeur

La démarche de carbon insetting représente également un levier stratégique de création de valeur. De cette façon, les entreprises ouvrent de nouvelles opportunités économiques et stimulent l’innovation. Cela se caractérise par exemple à travers de meilleurs rendements, de nouvelles sources de revenus pour tous les acteurs ou encore de nouveaux segments de marché.

À quoi ressemble un projet de carbon insetting ?

Prenons l’exemple de Kering, groupe de luxe mondial, avec le cachemire. Cette fibre est une filière essentielle à l’économie mongole, mais aussi une matière première critique pour le secteur du luxe. Face à la dégradation rapide des pâturages mongols, Kering a financé le « South Gobi Cashmere Project ». Un programme de carbon insetting pour répondre aux enjeux climatiques, mais aussi économiques et sociaux.

Ce projet vise à transformer durablement les pratiques amont de la filière cachemire, en accompagnant les éleveurs : gestion raisonnée des pâturages, amélioration du bien‑être animal, conservation de la biodiversité et diversification des revenus. Grâce à un meilleur pilotage des troupeaux et à une montée en qualité du cachemire, les éleveurs peuvent réduire le nombre de chèvres tout en maintenant, voire en améliorant, leurs revenus, sécurisant ainsi l’approvisionnement sans épuiser les ressources naturelles.

Les premiers résultats ont montré des gains en matière de qualité de fibre, de revenus pour les éleveurs et de préservation de la biodiversité. À l’issue, Kering réduit les impacts environnementaux de son scope 3, tout en renforçant la pérennité et la robustesse de ses filières d’approvisionnement.

Quel est le rôle de la fonction achats dans le carbon insetting ?

Dans le cas des projets d’insetting, de nombreuses fonctions sont mobilisées au sein de l’entreprise. L’équipe en charge du développement durable porte souvent ces initiatives, mais les fonctions finance, juridique et achats ont aussi un rôle clé à jouer. Trois grandes missions reviennent notamment aux équipes achats : la cartographie, le partenariat et le pilotage.

Étape n°1 : la cartographie

Les acheteurs commencent par identifier les catégories à fort impact carbone et les fournisseurs stratégiques (matières premières, transport…). Cette première étape permet de prioriser efficacement les actions.

Étape n°2 : le partenariat

Ensuite, ils participent à coconstruire des projets d’insetting intégrés à la relation commerciale. Cela peut être le déploiement d’énergies renouvelables, la mise en œuvre de pratiques bas carbone, le développement de solutions de logistique verte… En s’engageant sur le long terme, les achats deviennent un facilitateur de transformation.

Étape n°3 : le pilotage

Enfin, les achats vont mettre en place des indicateurs clés de performance pour suivre la réduction des émissions et l’intégrer dans leur reporting. C’est ainsi qu’ils sécurisent la valeur carbone crée, en lien avec la performance fournisseur.

Le carbon insetting contribue ainsi à améliorer les impacts environnementaux, sociaux et économiques au sein des opérations et de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise. C’est une approche intégrée qui permet d’assurer une trajectoire carbone crédible et durable.

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